Pascin, le magicien du réel

Pascin, le magicien du réel

Injustement méconnu en France, Julius Mordecai Pincas dit Pascin méritait bien à lui seul une exposition.

C’est chose faite depuis quelques semaines au Musée Maillol, où plus de 150 gravures, peintures, dessins de l’artiste sont réunis pour le plaisir des yeux. Une abondante documentation sera également exposée ainsi qu’un film retraçant la vie de l’artiste.

Artisan des années folles, arrivé à Paris le soir de Noël 1905, Pascin restera en marge de tous les grands mouvements picturaux de l’avant-guerre.

Parmi ses sujets de prédilection, des scènes de la vie quotidienne et par-dessus tout, le corps des femmes.

Entre les salles du rez de chaussée et celles du premier étage, trente ans de création riche et foisonnante.

On peut découvrier sa vision acerbe et décadente d’un Paris du début du XXèm siècle, véritable laboratoire de la peinture moderne, grouillant de prostituées, de jeunes filles vendues, de vieillards pervers ou de monstres repoussants.

La production artisitique de Pascin est très hétéroclyte, entre peintures qui se cherchent et dessins satiriques (entre 1903 et 1910, il publie ses dessins dans l’une des plus importants revues satiriques allemandes intitulée Simplicissimus).

Son style n’est pas sans rappeler ceux de Toulouse-Lautrec, Gustave Klimt ou encore Egon Schiele.

Toute son oeuvre reste sous le signe de l’androgyne ou de l’hermaphrodite, comme une tentative de réponse au mystère de son identité.

Occupant d’un atelier à Montmartre, on retrouve souvent mises en scène Hermine David, femme peintre de talent qu’il épouse en 1917, sa maîtresse Lucy Krogh, femme du peintre norvégien Per Krogh, ou encore des pensionnaires des maisons closes et des lieux mal famés de la faune montmartroise qu’il fréquentait assidûment.

Rongé par l’ alcool, partagé dans ses affections, il en vint à perdre son équilibre et le jour même du vernissage de son exposition à la Galerie Georges Petit qui devait lui amener de nouveaux succès, il se suicida le 2 juin 1930 à Paris dans son atelier.

Un artiste intéressant dans sa complexité, dans la recherche de son art et de sa propre identité. Une exposition à ne pas rater, jusqu’en juin au musée Maillol, qui décidément nous offre de bien belles expositions, pleines d’audace.

Exposition Pascin 14 février - 4 juin 2007
Musée Maillol
61 rue de Grenelle, Paris VII
Ouvert TLJ de 11 à 18 heures, sauf mardi et jours fériés
M° Rue du Bac
www.museemaillol.com

Exposition Pascin 14 février - 4 juin 2007
Musée Maillol
61 rue de Grenelle, Paris VII
Ouvert TLJ de 11 à 18 heures, sauf mardi et jours fériés
M° Rue du Bac
www.museemaillol.com