Réflexions après l’éviction d’Alain Soral à une signature à Sciences Po.
Qu’on aime ou qu’on n’aime pas Alain Soral, qu’on le diabolise ou caricature, qu’on le déteste ou l’admire, il me paraît important de commenter ce qui lui est arrivé - en toute honnêteté intellectuelle et sans passion ni affect - à la 59ème journée de signatures à Sciences Po le 2 décembre 2006.
Alors que l’écrivain polémiste était convié à signer ses livres lors d’une journée du livre à Sciences po, il a reçu une lettre lui demandant de ne pas venir car, étant donné qu’il est menacé perpétuellement d’agressions physiques, les responsables du salon ont préféré (ce qui est compréhensible mais assez lâche) ne pas prendre de risques et pris la décision de le "désinviter".
Evidemment la première tentation à l’annonce de cet évènement est de se dire qu’il l’a bien cherché, que son goût pour la provocation, sa belle dialectique et ses nouvelles amitiés extrémistes l’isolent chaque jour davantage.
Oui mais voilà, il faut voir plus loin. Alain Soral malgré tous ses débordements, ses positionnements border line, ses choix idéologiques et son éternelle surenchère réthorique et langagière, est avant tout un homme de Lettres, un écrivain respectable - au même titre que les autres penseurs - dans la plus pure tradition des joutes et des combats pour la société.
C’est, qui plus est, une voix qui compte, qui rallie de nombreux lecteurs et admirateurs en plus de ses ennemis chroniques qui veulent, visiblement, sa perte.
Qu’on accepte ou pas ses idées (j’ai pour ma part publiquement disserté, en long et en travers, sur son oeuvre en écrivant des thèses et des antithèses prudentes sur son personnage) il est ABSOLUMENT intolérable, révoltant, écoeurant, malsain et dangereux de le diaboliser, de l’empêcher de s’exprimer et surtout de le menacer physiquement ou de le harceler.
Rien n’excuse la menace physique, que ce soit contre Gandhi ou Hitler, la société doit garantir cela, c’est un des principes fondamentaux de la Démocratie.
Si on protège Redecker, on doit protéger Soral, il n’y a pas de gradation à mettre dans la défense des gens attaqués et menacés dans leur intégrité physique.
Alain Soral est gourverné par un sens de la Justice et de l’équité, certes parfois totalement exacerbé, mais le baïllonner dans ses déplacements publics est quelque chose de grave qui finit par lui donner raison.
La Police se doit de le défendre, quoi qu’il arrive, contre les menaces et agressions des gens qui, à bon ou mauvais escient, veulent l’empêcher de s’exprimer ou de vivre normalement. Il ne faut céder à aucun terrorisme !
« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai [toujours] pour que vous ayez le droit de le dire. » Voltaire
Voir ci-dessous le film de cette nouvelle Affaire Soral :
A vous de juger, débatons-en en bonne intelligence !!!