Bilan sur la soirée du procès de Jésus

Bilan sur la soirée du procès de Jésus

JUSTICE & HISTOIRE : Le procès de Jésus passé au crible par un avocat et un médecin
sous un angle juridique, victimologique et criminologique
 
Nice. Mercredi 23 avril 2026, la salle Ulysse de la Faculté de droit affichait complet. Une cinquantaine de personnes sont venues écouter Me Sylvain Pont, avocat au barreau de Nice, et le Dr Alain Pinoteau, médecin , disséquer « Le procès de Jésus : autopsie d’une erreur judiciaire ». Pas de théologie au programme : l’affaire a été passée au tamis du droit pénal moderne et de la médecine

 
27 irrégularités de forme
 
Me Pont a d’abord pointé les failles du procès religieux. Annas, Caïphe, un Sanhédrin aux règles bafouées : « On recense 27 irrégularités de forme. Cela remet sérieusement en cause l’idée que tout le peuple juif est responsable de la mort de Jésus de Nazareth. Seuls quelques grands prêtres ont été les instigateurs », tranche l’avocat. Pour lui, le crime religieux de blasphème, en revanche, n’est pas constitué, d’autant que Caïphe a provoqué lui-même l’infraction à l’audience.
 
Côté romain, même constat. Pilate, Hérode Antipas, puis retour chez Pilate. « On compte au moins quatre acquittements justifiés de Pilate ! À chaque fois, ce juge déclare ne trouver aucun motif de condamnation », rappelle Me Pont. L’accusation de trouble à la pax romana ? « Elle ne tient pas non plus .Ce dossier est vide ! Jésus avait clairement indiqué que sa royauté n’était pas de ce monde ». Et pourtant Jésus va être quand même crucifié au mépris du droit !
 
Faut-il réviser le procès ?

Au-delà de la question « coupable ou non coupable », l’avocat pose la question des responsabilités : pourquoi Pilate condamne-t-il malgré ses acquittements ? Il ouvre ensuite le débat sur l’opportunité de réviser le procès de Jésus. Dans l’affirmative, devant quelle juridiction ? « S’il est homme, les droits de l’homme lui sont applicables. Mais s’il est Dieu, quels sont les droits de Dieu ? ». Une réflexion qu’il clôt sur une interrogation : « Pourquoi nous faut-il toujours un coupable ? »

Le Dr Pinoteau démontre pour sa part que le décès résulte d’une cascade physiologique irréversible. Tout commence à Gethsémané par une hématidrose qui fragilise la peau (effet "papier de soie"). La flagellation transforme ensuite le dos en une plaie ouverte, provoquant un choc hémorragique et une allodynie (douleur extrême au moindre contact). Enfin, la crucifixion impose une asphyxie positionnelle : le condamné s’épuise à se redresser sur ses plaies pour expirer, jusqu’à la défaillance cardiaque finale, confirmée cliniquement par la sédimentation sanguine observée au coup de lance (« le sang et l’eau ») confirme que la mort clinique était déjà effective.
 
Menée sous forme de questions-réponses, la conférence a abordé toutes les zones d’ombre de ce dossier et cette alliance droit-médecine a donné à la soirée un caractère très original. « Un vrai travail de criminologue, voire d’archéologue du droit », résume l’avocat niçois Me Sylvain Pont, passionné depuis si longtemps par la défense de cette juste cause.