Interview : le photographe Ludovic Goubet
Ludovic Goubet est un français expatrié au parcours riche et conforme à la démesure de son personnage. Patron d’un célèbre bar de Rock aux USA, boulingueur et expérimentateur, il a trouvé dans la photographie un moyen formidable de jouer à cache cache avec ses désirs et fantasmes. Entretien avec le photographe, mais surtout avec l’homme qui, mine de rien nous dit des choses essentielles sur l’Art et la vie...

1. Bonjour Ludovic Goubet, en regardant vos photos on peut dire que votre champ d’action artistique va du Glamour au Porno chic en passant par un soupçon de Trash...
Oui, sa sonne bien, je crois que je vais garder cette définition, pour l’instant. Car très prochainement je vais aussi présenter des photos très douces et sensuelles. En fait j’ai commencé par le nu classique à cause du fait que je vivais en Alabama et que pour la plupart des filles, montrer ses seins n’était pas chose facile à faire.
Alors par le biais de l’art je les ai effeuillées, d’abord le dos, puis en suite les jambes.
Avec le temps elles y ont pris goût, pour notre plus grand
bonheur à tous. Mais il était très dur de décider d’un champ d’action artistique, car j’étais toujours
soumis aux limites morales des modèles. Une chose est sûre
je suis intéressé par toutes les formes d’expression
sexuelle et artistique.
2. Un photographe, c’est d’abord un grand voyeur ?
Un photographe n’est pas un voyeur, c’est un
exhibitionniste...
Surtout les paparazzis. Moi je suis devenu voyeur a
cause de la photo. Je ne peux pas m’empêcher de
regarder les femmes qui ont belle alure. Celles qui
viennent de faire l’amour ou de lire une lettre d’amour.
Les hommes sont très beaux aussi lorsqu’ils pleurent .
Mais je n’en suis pas encore à faire les cabines d’essayage !!!
3. Vos photographies ne nous disent pas explicitement quel regard désirant vous êtes, hétéro ou bisexuel, vous aimez cultiver l’ambiguité du regard posé...
Il est vrai que la plupart des photographes de nus
se spécialisent très vite dans un style bien défini.
Je les appelle des binaires. Il ne m’interesse pas car
leurs oeuvres sont le produit de nombreuse années de
recherche sur le même sujet.
La photographie doit rester (à mon avis) un moyen d’agrémenter la vie en saisissant l’instant magique et
intemporel. Les photographes qui préparent une photo en
choisissant le modèle, le décor, l éclairage... etc, etc
ne sont pas des photographes, se sont des peintres
frustrés. Et c’est la même chose avec la sexualité.
Hétéro , Bisexuel , homo , j’en ai rien à "foutre" de
tous ces termes rassurant. Mes photos représentent des
êtres Humains, qui sont parfois ambigüs.
4. Il y a un côté terriblement "amateur " dans votre
travail, dans le bon sens du terme évidemment.
Etes-vous d’accord avec cela ?
Dans tous les sens du terme en fait. Je n’ai jamais
suivis de cours et je ne gagne pas ma vie en faisant
de la photos. Mais oui, j’adore prendre des photos. Je
crois que pour un homme qui aime la compagnie humaine
une séance de photos est toujours un moment privilegié
et secret qui laisse des traces à tout jamais. Surtout
lorsque le modèle revient régulièrement et qu’une
confiance unique s’installe.
Je pense que le photographe de nu, est l’aimant le
plus redouté de tous, car avec une photo il peut
faire pleurer ou bien rire de joie et ce pour la vie.
5. Vous êtes très sensible aux formes et aux mouvements des corps qui vont vers la fusion dirait-on ?
Heureusement, sinon je changerais de hobbie.
6. Est-ce que la photographie calme ou alimente vos fantasmes ?
Je réponds la même chose que Hugh Heffner : Ca dépend de la fille sur la photo...
En fait je repondrais les deux.
Je fantasme énormement avant de rencontret un mannequin,
mais je suis de nature très rêveur et utopiste.
J’ai grandi dans la banlieue grise de Paris, je suis
petit, je ne ressemble pas à George Clooney et Rocco
Sifredi me fout la honte, du coup je fantasme beaucoup.
Mais en fait, je crois (et là je vais vous dévoiler un
secret d’intérêt mondial) que le fantasme est
simplement une prémonition de ce que l’on peut
réaliser si on s’en donne les moyens.
Je suis passé de musicien de rue à patron d’un des
plus fameux club de Rock des Etas-Unis, "The Chukker",
(Jimmy Hendrix, the Rolling stone, R.E.M entre autres
ont joué là-bas) et je me baladais en Cadillac avec
une femme qui imposait le silence en entrant dans un
restaurant. Tout cela, c’est du fantasme réalisé.
Mais c’est vrai que d’une certaine facon la photo de
nu ma permis de calmer mes fantasmes sexuels.
J’ai enfin le plaisir d’être en compagnie de très
belles femmes regulièrement, je les regarde se
changer, se maquiller, prendre la pose, rire, jouer
les femmes fatales, les petites filles, et en plus
elles me racontent parfois leurs secrets ( c’est fou ce qu’
une femme peut dévoiler lorsqu’elle est nue).
Bien sûr n’allez pas croire qu’il se passe des choses
entre mes modèles et moi, ça c’est un fantasme que j’ai
appris à ne plus avoir. Je pense que beaucoup de
personnes ont ce desir de faire de la photo pour cette
raison. Je l’ai eu, je l’avoue. Mais c’est un fantasme
que la photo a calmé.
7. C’est quoi le style Goubet si vous deviez le définir vous-même ?
Louis XIV sans hésiter. D’ailleurs je lui ressemble.
La dernière fois que j’étais à Versailles en compagnie
du peintre surréaliste Mitchell Cashion, les touristes s’arrêtaient pour nous prendre en photo,
devant une grande toile du roi.
J’ai le sens de la démesure. Mon style est multiculturel, j’ai vecu en Espagne aux Caraïbes et 16 ans au Etats-Unis.
Mes influences pourront peut être révéler mon style.
Saudek, Brassai, Hamilton, et le maître du porn-art
Andrew Blake. Je crois qu’en fait je n’ai pas un style
bien défini, sa doit être ça le style Goubet.
8. Quelles sont vos plus belles rencontres par la focale ?
Celle qui ma fait le plus de mal ! Mon ex !
9. Qu’est-ce qu’il y a de romantique dans le fétishisme ?
Tout, bien sûr ! A part peut-être le nom...
10. Par quoi avez-vous envie de terminer cet
entretien ?
Par dire un grand merci à Bill Gates et a tous les
genies qui on inventé l’internet. Il n y a maintenant
plus aucune possibilité de censure de la part de n’
importe quel gouvernement. Je crois que l’Internet
sera la creation la plus importante de toute l’
histoire de l’Humanité.
Par dire qu’il faut faire attention aux Américains qui
détiennent le pouvoir.
ils n’ont aucune envie d’être utile, juste d’être
futile.
Par dire qu’il y a en ce moment un marcher au models
des pays de l’Est qui ressemble beaucoup à un marché
aux esclaves et qu’en suportant tous ces sites porno
sur Internet nous participons à cette abération.
Par demander où sont passées les belles femmes
francaises qui faisaient tourner la tête au monde
entier ???
Mesdames,il est de votre devoir de vous dévêtir, il
en va de la réputation internationale de notre cher
pays. Je suis prêt à me sacrifier pour la reconquête
de cette réputation tant convoitée.