Lettre ouverte à M. Stéphane Bourgoin par Julien Lindner

Lettre ouverte à M. Stéphane Bourgoin par Julien Lindner

Monsieur Bourgoin,
Depuis plusieurs semaines, vous êtes ciblé par une enquête menée par le collectif anonyme 4ème Œil Corporation qui vous accuse d’être ni plus ni moins qu’un menteur. Pas le spécialiste mondial des tueurs en série que nous pensions "connaître", nous vos lecteurs fidèles et assidus, mais un menteur.

Cela fait plus d’une dizaine d’années que je vous suis et que j’achète vos ouvrages dès leurs parutions. Vous me direz, je ne suis qu’un lecteur parmi tant d’autres. Des centaines de milliers.
Je me refusais même la lecture d’autres auteurs, d’autres spécialistes de faits divers et de criminels en série, vous considérant comme LA référence en la matière, tant dans la forme que dans le fond.

Drame personnel tragique. Courage et ténacité. Autodidacte puis formé par le FBI.
Maître de conférences pour la police nationale, la gendarmerie ou encore l’école de la magistrature.
Consultant externe dans des affaires criminelles françaises et internationales. Expert dans son domaine, mondialement reconnu.

Et puis j’ai vu les vidéos de 4ème Œil Corporation. Toutes. Je me trouvais à la fois surpris et sidéré. Mais le doute persistait encore. Non pas que le travail de 4ème Œil Corporation ne soit pas d’une grande qualité journalistique. Mais j’avais l’espoir que vous nous fournissiez des preuves pour contrecarrer les leurs. Je croyais en vous. Comme, encore une fois, des centaines de milliers de personnes.

Et puis, ce 7 mai 2020, est paru votre interview par Paris Match. Vos aveux. Tel un coupable.

Coupable de mythomanie qui à ce stade peut être qualifiée de pathologique, vous qui connaissez si bien ces termes.
Vous nous avez pris pour des imbéciles.

Tous les journalistes qui vous ont invité par ignorance, par confiance, par manque de compétence journalistique ou par simple volonté de faire de l’audimat envers et contre toute simple volonté de ne dire que la stricte vérité devraient avoir honte eux aussi ainsi que toute personne, maison d’édition, presse, et même tout le système judiciaire qui vous a accordé du crédit, en prenant le risque de donner la parole à un amateur qui visiblement n’avait pour seule qualification que le mensonge. Et, visiblement, vous plaidez coupable.

Vous devriez avoir honte Monsieur Bourgoin. Je tenais simplement à vous le dire.