Quand Sarkozy arrive à faire peur avant même d’être censeur

Quand Sarkozy arrive à faire peur avant même d'être censeur

Une campagne d’affichage de la nouvelle formule de Télérama, qui ironise à propos de la surabondance médiatique de Nicolas Sarkozy, ne verra pas le jour. La régie publiciataire Métrobus refuse de prendre le risque de diffuser la photo ci-contre.

Mercredi 27 septembre, à l’occasion du lancement de la nouvelle version de Télérama, on devrait voir sur l’ensemble de la sphère médiatique une campagne axée autour d’un slogan choc : "Télérama nouvelle formule, nous sommes durs. Vous êtes pires". Pas autant que l’influence inconsciente (ou non) du ministre de l’Intérieur, pourtant adepte des plans médias rondement menés.

En effet, la campagne publicitaire de la nouvelle formule de Télérama s’élève à deux millions d’euros. A ce tarif, l’entreprise de presse joue gros. Avant même d’avoir débutée, elle fait déjà parler d’elle. Métrobus, du groupe Publicis, refuse de diffuser une affiche où l’on peut lire : "Dimanche 15 janvier, Vivement Dimanche. Nicolas Sarkozy devrait faire attention. C’est déjà la troisième fois qu’il invite Michel Drucker dans son émission". On peut s’interroger sur la question de l’auto-censure. Si l’ironie disparaît dans le monde de la pub, on peut craindre le pire pour les années à venir.

Concernant la sortie de l’hebdomadaire, le nouveau Télérama sera découpé en trois parties. La première prendra l’apparence magazine, c’est-à-dire tourné vers des reportages, des portraits et des rencontres. Une seconde thématique sera composée d’un cahier critiques. On y retrouvera les rubriques déjà présentes dans la version actuelle : critiques cinéma, télé, radio, littérature, etc. Enfin, Télérama laissera place aux programmes radio et télé, TNT comprise.

Dans Libération d’aujourd’hui, la directrice de la rédaction explique la nouvelle orientation : « Nous devons revenir à nos fondamentaux : la critique et le décryptage de la société mais toujours à travers le prisme culturel. »

A vous de juger dès demain. A vos kiosques !