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Où comment et pourquoi Mona Cabriole, la célèbre héroïne des éditions La Tengo, mise en scène cette fois par Marin Ledun, plonge en apnée dans les dédales des bas fonds de Paname, le cinquième arrondissement, suite à la mort subite cul sec d’une jeune femme venue d’Afrique !
Le Boul’miche / Qu’à d’la ligne / En automne… / Je r’trouve’ plus rien / Tell’ment c’est loin / L’Quartier Latin (Quartier Latin : 1962 / 1967). Si Léo Ferré n’y reconnaîtrait plus le quartier, alors raison de plus pour Mona Cabriole journaliste à Parisnews, lorsqu’elle découvre la nouvelle : une jeune femme s’est jetée du cinquième étage son bébé dans les bras au 100 rue Mouffetard ! Cinquième arrondissement, cinquième étage tout rond, pas de quartier pour Mona, qui au risque de sa vie voudra connaître la vérité sur ce vrai / faux meurtre, D’autant que tout au long du roman, comme un lancinant refrain nasillard, on entend : Tout le monde connaît tout le monde. Et tout le monde ment. Le double je incessant et la rapine en prime.
Ce nouvel opus Polar Rock’N’Roll, son auteur Marin Ledun le mène tambour battant. Il n’en est pas à affûter ses premières armes. Il a déjà commis Modus Operandi et Marketing Viral au Diable Vauvert. Même qu’en 2010 à la Noire chez Gallimard, il sortira La Guerre des vanités et il partagera la compagnie fraternelle de la confrérie du Poulpe avec Un singe en Isère aux éditions la Baleine. Docteur en communication politique, il a aussi publié La démocratie assistée par ordinateur. Ses recherches le mènent sur les champs de la thématique de la souffrance au travail.
En fait, dans ce présent roman, il n’est pas si éloigné de ses préoccupations premières. L’écriture de polars lui colle comme une deuxième peau. Il connaît le quartier de bas en haut. Autant l’altitude sous les toits ressasse les secrets des marchands de sommeil, tout en bas, mélodie en sous sol, c’est le capharnaüm ampoulé par des hommes qui mènent à la baguette tous leurs fantasmes sans mort à crédit.
La Bièvre. Le fleuve invisible. Le principal affluent de la Seine jusqu’au début du 20 ème siècle y tient son rôle qui n’est pas du tout mièvre. Les marchands de sommeil veillent à l’exploitation et au rendement des corps, ces nouveaux esclaves du marché de la mondialisation. Les nazis dans les camps de la mort en Pologne avaient les oies pour couvrir les cris des atrocités. Autres sons de cloches !!!! Mona commence à deviner le principe du battle rock. Trois groupes s’affrontent à tour de rôle à coups de décibels, au cœur d’une fosse. Un triple concert dans le ventre de la bête. Musiciens et spectateurs sur un pied d’égalité. Même sueur et même son.
Alors, est-ce que la musique adoucit les meurtres ? Vous le saurez en lisant haletant ce livre qu’on ne lâche qu’au mot fin. Faim de savoir, de connaître les relents à gerber de son époque. Je pense que Marin Ledun peut se revendiquer d’un Jean Vautrin : J’ai toujours pensé que l’écrivain de roman noir est légitimement fait pour combattre les faux nez de la respectabilité. (in La vie Badaboum / 2009).
Le noir et sa féroce faculté de distiller ses idées généreuses. Le noir comme la peau de ces jeunes femmes alpaguées et distillées par ces nouveaux esclavagistes…. Le noir à son apogée de l’ignominie que l’on traite de noir. La traite des noirs en 2009 à Paris, le soi-disant pays des droits de l’homme. La femme, je suppose, compte pour du beurre rance puisque : Tout le monde ment un jour ou l’autre. Certains y prennent plus de plaisir que d’autres, c’est tout.
"Le Cinquième Clandestin" de Marin Ledun, éditions La Tengo, collection Mona Cabriole / 5ème arrondissement, juin 2009, 164 page, prix 7,50 euros
À SUIVRE : Prochaine publication : Six pieds sous les vivants d’Antoine Chainas, 12 ème arrondissement, octobre 2009.
le 21/07/2009
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