Halte au matraquage publicitaire par Paco
Halte au matraquage publicitaire

Les déboulonneurs rouennais vont redébouler le 28 décembre pour masquer les « obstacles urbains » que sont les panneaux publicitaires. Spectacle assuré.

Le collectif des déboulonneurs est né à Paris en 2005. Il a fait des petits un peu partout (Lyon, Montpellier, Lille, Le Mans, Rouen…). Son objectif : déboulonner la publicité qui nous explose les yeux. Objectif salutaire.

Les griefs contre la pub sont nombreux. La pub étouffe l’espace public, les rues, les routes, les transports, les cinémas, les stades, les télés, les radios… La pub finance des médias qui perdent de ce fait leur indépendance éditoriale. La pub se moque des risques qu’elle fait courir à la santé et à l’environnement (promotion de la mal-bouffe, du nucléaire, des produits chimiques, des voitures polluantes…).

La pub pousse à la surconsommation, au surendettement, au gaspillage et fait l’apologie des comportements irresponsables. La pub prostitue femmes, hommes et enfants, rabaissant les corps au rang de marchandises. La pub propage des modèles artificiels, entretient le culte de la perfection physique et de la jeunesse éternelle (malheur aux personnes âgées ou handicapées « hors normes »).

La pub réduit l’existence à une banale affaire de consommation ponctuée d’opérations commerciales. La pub rackette les consommateurs qui paient les produits plus chers à cause du coût des campagnes publicitaires. La pub consomme trop de papier, trop d’électricité, trop de surfaces. Trop c’est trop.

Certes, nous sommes libres d’éteindre télés et radios, de bouder journaux et magazines qui impriment plus de pubs que d’articles, de jeter nos ordinateurs qui nous gavent de messages publicitaires… mais que faire dans les rues et sur les routes pour lutter contre l’invasion publicitaire ? Y’a qu’à déboulonner !

Marre des fameuses « 4 x 3 » (c’est-à-dire des panneaux de 12 m2), des « sucettes » et autres panneaux lumineux déroulants qui encombrent murs et trottoirs. Il faut é-li-mi-ner. C’est ce que font les déboulonneurs, un collectif non-violent inspiré par Henry-David Thoreau, un partisan de la désobéissance civile.

Non-violents mais grands barbouilleurs, les déboulonneurs de Rouen mènent la vie dure à la pub. Depuis leur première action, en novembre 2005, ils enchaînent les opérations bombages. Ce qui leur a valu un petit détour devant un tribunal. En mai dernier, un juge a condamné un barbouilleur à une amende symbolique de 1€. Le militant anti-pub a pourtant été déclaré « coupable de dégradations légères commises à plusieurs reprises sur des panneaux publicitaires ».

Les Rouennais remettent le couvert le 28 décembre. Comment ça va se passer ? Des « sucettes » vont être emballées dans du film plastique transparent sur lequel il sera possible de peintre des slogans anti-pub avec bombes et marqueurs sans dégrader le mobilier urbain. Ce qui évite des poursuites éventuellement coûteuses. Animations et sketches accompagneront la manœuvre.

Rendez-vous à 10h44 devant le musée des Beaux-Arts (rue Jean-Lecanuet). Fin de l’action vers midi. Venez si possible avec un tabouret ou une échelle (pratique pour barbouiller en hauteur), des instruments de musique, de quoi jongler, des habits rigolos, des gros feutres (pour écrire plein de slogans pédagogiques), etc.

Souhaitons très mauvaises fêtes à la pub.

Coordination nationale du collectif des déboulonneurs, 24, rue Louis-Blanc 75010 Paris.

Courriel : deboulonneurs@no-log.org

Les déboulonneurs

Contact des déboulonneurs rouennais : nonviolencerouen@wanadoo.fr

(photo empruntée aux Déboulonneurs)

le 20/12/2007
Impression

2 Messages de forum

  • L’un des déboulonneurs rouennais, François Vaillant, vient de zapper une convocation de la Sûreté départementale. Il était « invité » pour subir un prélèvement ADN suite à une légère condamnation. C’est la loi…
    En juin dernier, le tribunal de grande instance de Rouen lui avait collé un euro d’amende pour dégradations et dommages légers. Jugement qui faisait suite à une action collective non-violente : le barbouillage de panneaux publicitaires.
    Adepte de la désobéissance civile, François Vaillant, est prêt à assumer les conséquences de son refus. Il risque en principe un an de prison et 15 000 € d’amende. On vit une époque formidable !

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  • L’un des déboulonneurs rouennais, François Vaillant, vient de zapper une convocation de la Sûreté départementale. Il était « invité » pour subir un prélèvement ADN suite à une légère condamnation. C’est la loi…
    En juin dernier, le tribunal de grande instance de Rouen lui avait collé un euro d’amende pour dégradations et dommages légers. Jugement qui faisait suite à une action collective non-violente : le barbouillage de panneaux publicitaires.
    Adepte de la désobéissance civile, François Vaillant, est prêt à assumer les conséquences de son refus. Il risque en principe un an de prison et 15 000 € d’amende. On vit une époque formidable !

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