La France a perdu son Michel Serrault par Frédéric VIGNALE
La France a perdu son Michel Serrault

La France perd aujourd’hui l’un de ses acteurs préférés. Toute l’Industrie du Cinéma hexagonal et le peuple de France tout entier sont endeuillés en ce lundi matin qui s’est levé sans Michel Serrault et son cri de la carotte, sa gouaille, sa dégaine, sa voix si particulières. Heureusement le Cinéma l’a rendu immortel. Toutes nos condoléances à sa famille et à 50 millions de gens qui l’ont aimé au moins une fois dans leur vie.

Michel Serrault, né le 24 janvier 1928 à Brunoy (Essonne) et décédé le 29 juillet 2007 à Honfleur (Calvados), est un acteur français. Il aura été l’acteur français le plus récompensé, ayant reçu trois fois une récompense du César du cinéma.

En duo avec Jean Poiret, il a fait les belles heures des cabarets parisiens dans les années 1950 et 1960.

Il fait également partie de la troupe Les Branquignols. Au cinéma, il débute avec un rôle dans Les Diaboliques d’Henri-Georges Clouzot puis avec la troupe des Branquignols dans Ah ! les belles bacchantes. Il participera à leurs nombreux autres films.

Il se lance dans une longue aventure dans le film comique Assassins et voleurs de Sacha Guitry avec Jean Poiret, Le Viager de Pierre Tchernia (qui le fera tourner dans plusieurs films) avec Michel Galabru. Michel Galabru avec qui il tourne aussi un grand nombre de films comme Les Gaspards, Room service. Il fait ses débuts aussi avec un certain Louis de Funès peu connu à cette époque, Nous irons à Deauville, Des pissenlits par la racine, Carambolages.

Figure du théâtre de boulevard, avec ses rôles dans des pièces télévisées de Au théâtre ce soir, il triomphe en 1973 dans le rôle de « Zaza Napoli » dans La Cage aux folles, qu’il rejouera plus tard avec un succès international dans ses adaptations au cinéma.

Puis arrive L’Ibis rouge de Jean-Pierre Mocky avec Michel Simon. C’est un grand ami de Jean-Pierre Mocky avec qui il tourne un grand nombre de films dont le plus gros succès reste Le Miraculé où il retrouve pour la dernière fois dans un film son vieil ami Jean Poiret.

L’adaptation de la pièce La Cage aux folles au cinéma étant un succès international[1]. Il est un des rares acteurs français à pouvoir se "payer" le luxe de faire de grosses productions mais aussi des films d’art et essai, souvent à moins grand public.

En 1977, il perd sa fille Caroline (alors âgée de 19 ans) dans un accident de la route à Neuilly sur Seine.

C’est pourtant dans les rôles dramatiques que son talent d’acteur excelle et fait parfois scandale comme à la sortie du film Assassin(s). Lors de la remise du César du meilleur acteur pour le film Garde à vue de Claude Miller, son dialoguiste Michel Audiard a dit de lui : « il est le plus grand acteur du monde ». L’acteur a reçu trois César dont un pour Nelly et Monsieur Arnaud de Claude Sautet.

À la fin de sa vie, l’acteur jouait plutôt des rôles de « pépé » campagnard à la française, un peu rustre, mais au grand cœur, comme dans Les Enfants du marais de Jean Becker, avec Jacques Villeret et Jacques Gamblin, ou Une hirondelle a fait le printemps de Christian Carion et Albert est méchant aux côtés de Christian Clavier.

Il souffrait d’une maladie rare, appelée polychondrite atrophiante, qui se caractérise, entre autre, par la diminution des cartilages du nez et des oreilles.

Il est décédé le 29 juillet 2007 à Honfleur, à l’âge de 79 ans. Il avait été hospitalisé ces dernières semaines à l’hôpital américain de Neuilly d’où il était sorti fin juin pour se rendre dans sa résidence secondaire à Honfleur.

Le père Alain Maillard de la Morandais à annoncé lundi que Michel Serrault sera inhumé mercredi ou jeudi à Honfleur, selon ses dernières volontés.

le 30/07/2007
Impression

5 Messages de forum

Milos Forman pas du tout fumeux mais formidable !
En 1971, Milos Forman réalisa Taking of, charge héroïque et humoristique contre les débines familiales. Quand les parents trinquent, les enfants fuguent et fument en mineur. A New York, une certaine Jeannie, fille à papa, se barre et se cherche des idéaux dans la folk musique et les dérivées de (...) Lire la suite
Il y a cinquante ans, Godard soufflait un nouvel air révolutionnaire !
Cinquante ans déjà, cinquante seulement, j’ai envie de dire quand je visionne à nouveau au cinoche la version restaurée haute définition des copies neuves de A bout de souffle de Godard ! C’est du grand art, du cinéma visionnaire, du cinéma révolutionnaire qui saborde tous les codes (...) Lire la suite
Pierre PINTON et le cinéma indépendant du "KINOPANORAMA"
En hommage et à la mémoire de Pierre PINTON, le fameux patron indépendant du cinéma "KINOPANORAMA" en Paris XV°, à mes "anciens" Étudiants de "PLATEAU PHI" friands de visiter la magnifique cabine de projection suivie de telle séance sur l’ écran le plus vaste de Paris à découvrir "THE (...) Lire la suite
« Hi, Mom ! », Brian de Palma révolté, mais déjà si désespéré !
Brian de Palma planta le décor de Hi Mom ! en 1970, avec son regard aiguisé qui aguichait les censeurs à classer son film X par la bande à Nixon. En ces temps là, les blancs se prenaient pour des noirs. Ces derniers frustrés s’adonnaient à la guérilla urbaine sous le regard halluciné du (...) Lire la suite
Enter the Void
« Même si j’aime beaucoup Alan Clark, Peckinpah, Fassbinder ou certains réalisateurs qui représentent de manière réaliste la cruauté de l’existence, je voulais cette fois-ci faire [Enter the Void] un film hallucinatoire d’images et de couleurs, quelque chose d’onirique (...) Lire la suite
L’Affiche d’Adèle Blanc-Sec copie t’elle celle d’Indiana Jones ?
Le dernier Luc Besson, "Les Aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec", aiguise le plus notre curiosité. Pensez donc l’adaptation de la bande-dessinée de Tardi avec dans le rôle principal la très belle Louise Bourgoin... En attendant la sortie le 14 avril prochain, nous vous (...) Lire la suite
Une interview de Solveig Anspach (Louise Michel la rebelle) dans Le Monde libertaire
Dans son édition du 25 mars, Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste, a publié une interview de Solveig Anspach, la réalisatrice du film Louise Michel la rebelle qui, après une diffusion sur France 3, sortira dans les salles le 7 avril. Pour tourner le premier long métrage (...) Lire la suite
Cinéma et mobilisations sociales en Argentine
À Paris et au-delà, le collectif de diffusion Pico y pala va présenter un festival de cinéma social argentin du 5 au 11 avril 2010. Sept jours de projections et de débats pour découvrir la face cachée de l’Argentine. Une production cinématographique argentine de grande qualité est en (...) Lire la suite
Bernard dans l’ombre de Gaston Couté : Ni dieu, ni Chaussettes !
Les anarchistes squattent les salles obscures. Après le film de Solveig Anspach sur Louise Michel la rebelle, voici celui réalisé par Pascal Boucher : Bernard, ni Dieu ni Chaussettes. Le documentaire nous présente un paysan attachant qui perpétue l’œuvre du poète libertaire Gaston (...) Lire la suite
« Rue Cases-Nègres » le film universel de l’émancipation par la connaissance !
Euzhan Palcy sort en 1983 son chef d’œuvre du cinéma vivant, après un long combat pour faire accepter ce premier long métrage contre les esprits obtus et avec l’aide de François Truffaut. Elle le dédit « Pour toutes les rues Cases-Nègres du monde ». Il imprime l’écran de (...) Lire la suite