Le Journal d’un play boy romantique et moderne

Le Journal d'un play boy romantique et moderne

Assurément « Chacun son Foreman » méritait un meilleur emballage que cette horrible couverture représentant une foule abstraite qui nous fait davantage penser à la pire des brochures publicitaires d’une Caisse Primaire d’Assurance Maladie qu’à la sobre devanture d’un premier roman jubilatoire, et bien dans son époque.

Eric Genetet met en scène, dans une écriture largement autofictionnelle, un double de lui-même vivant dans un premier temps au Québec puis venant en France et qui réussira la prouesse de diriger sa vie sentimentale comme Ali lors de son combat mythique contre Georges Foreman en 1974. Mémoire photographique se déroulant par scènes courtes comme au Cinéma, nous sommes dans une épreuve métaphorique contre le démon sexuel. Eric Genetet monte sur le podium et frappe fort.

De ce prétexte narratif original et saugrenu à la fois, Genetet réussit le prodige de nous entraîner sur le ring de ses émotions à fleur de peau, de ses coups de sang répétés mais toujours sincères et romantiques pour des jolies femmes. Clara, Jane, Awa, Lola se succèdent et hantent les nuits d’un play boy à la séduction facile, d’un brun ténébreux qui ressemble à un espagnol, un italien, un sud américain, bref un type qui a une gueule de citoyen du monde.

Car Antoine, notre héros sculpteur, est un Bonobo, il a besoin de baiser, comme l’animal, plusieurs fois par jour, sauf lorsque la raison ou le sentiment d’amour est plus fort que la seule libido.

« Je veux courir sur le bitume des villes, chaque jour, comme Ali, je veux souffrir de mes foulées qui s’allongent, passer des heures dans l’effort.Courir. Préparer mon combat contre plus fort que moi, sans faille, sans renoncement, aller loin, m’épuiser, et plus encore. Chacun son Foreman. Avaler les espaces pour un K.O. final.
Chacun son Foreman.
Jusqu’au gong serrer les poings, tourner autour, les muscles éveillés par le désir d’en finir. Chaque goutte de sueur froide perlera sur ma peau et s’abandonnera dans la moiteur, direction les anges, associés de mon assaut prodigieux. Courir encore, des heures. Recommencer demain, préparer l’attaque. Exploser la peur. »

Utilisant de manière assez judicieuse les nouveaux moyens de la communication amoureuse que sont le courriel et le SMS, Eric Genetet nous conte les aventures nomades d’Antoine entre recherche exotique et forcenée de la perle rare et quête initiatique d’un nouveau sens. « Chacun son Foreman » est un drame romantique à la recherche d’une héröine idéale, celle que le personnage principal pourrait aimer pour vingt ans d’affilé. Servi par des dialogues savoureux et un champ référentiel très années 70, « Chacun son Foreman » se lit en quelques rounds, se boit à la lie comme un vin de vigueur, comme une boisson alcoolisée qui ferait dire « C’est beau une ville la nuit ».

"Chacun son Foreman", est une entrée intéressante et prometteuse dans le monde des Lettres, on attend le deuxième roman avec impatience pour voir si Genetet sera capable de sortir d’un personnage qui serait plus éloigné de lui.

Une vraie découverte qui va au-delà de l’a priori qu’on pourrait avoir de prime abord. Une belle et bonne surprise qui met KO son lecteur. A quand le prochain match ?

"Chacun son Foreman", un roman d’ Éric GENETET, Le verger editeur, 128 pages, Format 140 x 210 mm, Prix TTC : 13,00 €

Éric Genetet est né le 21 février 1967 à Rueil-Malmaison. Il travaille dans le monde de la radio depuis son arrivée en Alsace en 1982. Après Skyrock à Paris en 1988, Top Music à Strasbourg de 1990 à 1994, il entre à Radio France (Radio France Alsace puis France Bleu Alsace) en 1997. Il y est aujourd’hui animateur des sports et chroniqueur. Son émission "deux minutes de bonheur" est un ...vrai bonheur...Il a créé une entreprise de production vidéo en 1994. Chacun son Foreman est son premier roman.

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le 21/06/2005
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Frédéric VIGNALE

Réalisateur, photographe et fondateur bien aimé du Journal lemague.net.